La répartition du temps de travail d'une créatrice

J’ai commencé à coudre à l’occasion de ma 3ème grossesse.

Pour ce bébé, je voulais du fait main et surtout du « fait par Maman ».

Et j’ai tellement adoré ça que, pour le Noël d’après mon accouchement, j’ai cousu un sac à main pour chaque femme de ma famille proche et de ma belle-famille.

Puis, à l’annonce de la grossesse de ma sœur, j’ai eu envie de coudre tout un trousseau pour mon futur neveu.

J’avais enfin trouvé quelque chose qui me passionnait et j’ai voulu en faire mon (nouveau) métier. 

Naïvement, je m’étais imaginée coudre à longueur de journées pour des Mamans qui ont envie de prendre soin d’elles et pour des petits Bébés trop mignons. 

Je me suis donc déclarée comme micro-entreprise auprès de la CMA et j’ai commencé à créer. 

Sauf que… Bien vite, la réalité m’a rattrapée !! Non, une créatrice ça ne crée pas toute la journée… Loin de là même !! 

Je vous partage le schéma que ma coach Insta et e-commerce, Margaux Millien, a publié il y a quelques jours qui résume très bien les lignes qui vont suivre…

Vous pourrez retrouver sa publication sur son Instagram : Publication Insta de Margaux Millien sur la répartition du temps de travail d’une créatrice

Une fois toutes les formalités administratives accomplies pour mon inscription, il a fallu réfléchir à un plan d’action : quoi créer, comment, pour qui ? Comment vendre mes créations, quel support, quels moyens de communication ? Comment organiser mes futures ventes, le paiement, l’expédition ? 

J’ai donc passer de longues journées à réfléchir à tout ça, à me poser et à décider dans quelle direction je voulais partir niveau produits, à ma clientèle idéale, à comment lui parler…

Puis j’ai passé encore de longues journées à me former sur le calcul des prix, les moyens de communication.

Puis encore de longues journées à suivre une formation sur comment créer un site internet.

Puis de très longues semaines à créer ce fameux site internet, effacer, recommencer, m’énerver, ne pas comprendre quel bouton permet de bidouiller ce petit truc qui me gêne… 

En réalité, les 4/5 mois qui ont suivi mon inscription à la CMA je n’ai quasiment pas touché à ma machine à coudre….

Je ne l’ai reprise que fin octobre pour ENFIN créer mon stock à mettre en ligne.

Et pour l’abandonner quelques jours plus tard le temps de créer TOUTES mes fiches produits…  

Puis, le 22 novembre, j’ai enfin lancé mon site !

Toute contente, je me suis imaginé que j’allais enfin pouvoir coudre tout mon saoul…

Encore une fois, j’ai rapidement ouvert les yeux…

J’ai vite compris que la communication sur Facebook est hyper compliquée à mettre en place, que sur Instagram si on n’est pas présent presque tous les jours on passe bien vite aux oubliettes, qu’un site Internet ne s’entretient pas seul…

Alors, début janvier, j’ai attaqué un plan de communication : un planning de mes publications à venir pour les 3 prochains mois, 4 jours par semaine… Comment vous dire que cette réflexion prend du temps !!

Et, depuis, tous les jours je m’applique à essayer de vous proposer du contenu de qualité, varié, cohérent, toujours en adéquation avec qui je suis et ce que je fais.

Mais, pour publier sur les réseaux, il faut des photos. Et pour les photos il faut des produits, finis, jolis, qui présentent bien. Et qui rendent bien en photo.

Donc, après quelques minutes passées derrière la machine à coudre, c’est plusieurs dizaines de minutes passées à mettre en place mes créations, à essayer de capter la lumière, d’enlever les ombres, à recadrer, à mettre dans un format où Instagram ne m’en coupera pas la moitié, à mettre un cadre, toujours le même pour mon identité visuelle… Et là enfin je peux programmer ma publication.

Oui, je programme mes publications parce que c’est tellement la course tous les jours que je zappe tout le temps l’heure… J’ai deux réveils qui sonnent pour ne pas que j’oublie d’aller chercher mes enfants à l’école et à la crèche….

Mais, avant d’avoir partagé le lien de mon nouvel article le lundi par exemple, il faut que j’aille sur mon site et que j’écrive cet article puis que je le mette en ligne.

Après vous avoir annoncé la nouveauté du mercredi, il faut que j’aille sur le site aussi pour les mettre en ligne. Que je reprenne les photos, que je crée les fiches produits, que je vérifie l’orthographe, la syntaxe, la mise en page, etc.

Puis, quand les commandes se font sur le site directement, il me faut établir les factures, préparer les colis, télécharger les bordereaux d’envoi, préparer les colis, aller les déposer à la poste ou dans les points relais.

Quand les commandes sont sur mesure, ce sont des heures et de heures de communication avec vous, le choix des tissus, la forme, les modalités de paiement et d’expédition, la recherche de vos tissus rêvés en magasin ou sur des dizaines de sites internet, etc. Avec après, bien sûr, tout le travail d’envoi vu plus haut.

Et je ne compte même pas les heures et les heures de repassage le soir devant ma télé à chaque réception de nouveaux colis de tissus… Et mon mari pourrait vous raconter que c’est trop souvent…

En fait, pour résumer, je dois passer à peu près 1/5ème de mon temps seulement à créer. Et quand je dis créer c’est en comptant tout le temps des découpes qui est long + le temps à assembler.

Je ne passe en fait, sur une semaine hypothétique de 5 jours (je bosse de plus en plus tout le week-end) qu’une seule journée à coudre. Le reste n’est que du « à côté »… Donc, quand je vous disais dans mon article « comment sont fixés mes prix » que je comptais bien évidemment mon temps de travail pour me rémunérer (personne ne travaille gratuitement), je ne parlais en fait que du temps que je passais à découper et à assembler vos créations. Tout le reste n’est pas pris en compte.

Je ne suis en fait payée qu’un jour par semaine…

Ça m’en fout un coup quand j’écris ça comme ça !